Partager l'article ! Main Square Festival, Arras le 6 juillet 2008, ou l'effet de catharsis: Starring : Vampire Weekend The Wombats The Do Sigur Ros Radiohead ...
Aux alentours de 16 heures, un après-midi ensoleillé dans le Pas-de-Calais...
Le premier groupe amorce ces festivités bien agencées :
Vampire Weekend est composé de quatre membres (comme beaucoup d'humains... tiens, encore un élément non-original que l'on peut leur attribuer). Le chanteur a un air mutin quelque peu vampiresque
il est vrai. Leur musique s'assimile à ce que peut faire Razorlight, la voix de Ezra Koenig est assez haut perchée et la cadence parfois agaçante. Du déjà entendu et ré-entendu, ces messieurs ne
parviennent pas à dégager quoi que ce soit de personnel. J'admets cependant qu'à la première (et dernière) écoute Mansard roof est sympathique.
The Wombats ont quant à eux un petit quelque chose qui les distingue. Heureusement pour eux qui se nomment comme une espèce en voie de disparition (un petit mammifère entre l'ours et le koala,
qui fait partie des marsupiaux, on le trouve en Australie et en Tasmanie, plutôt mignon).
Vous avez peut-être pu fredonner Moving to New York ou Lets Dance to Joy Division. Sans être exceptionnel ce groupe se laisse néanmoins écouter, il suffit d'être de bonne humeur.
Les trois jeunes de Liverpool ont commencé par un air a capella tels des musiciens complices qui savent faire résonner un accord parfait et amusant par son rythme, à la manière de Pow Wow (grown
up together...) « oh wimoweh, oh wimoweh »...
Reprenons à présent le thème du lion : le batteur donnait l'impression « d'en vouloir » et, au début d'une chanson, sa façon de faire retentir la grosse caisse m'a rappelé une scène trépidante du
Roi Lion dans laquelle simba court à en perdre haleine parmi les hyènes perfides, avec une expression terrifiée, remuant la poussière et... bref, pas mal le coup du battement qui entraîne. C'est
ce même batteur (Dan Haggis) qui semblait à plusieurs reprises s'engager dans une course d'athlétisme : « fonce ! », lui dis-je.
Lassée rapidement de ce qui suivit (cela ne tient peut-être qu'à moi), quelle ne fut pas ma satisfaction à l'occasion de l'entrée de The Do !
Do comme la note, mais aussi comme l'assemblage de la première lettre du prénom de chaque membre : Dan Levy et Olivia Bouyssou. Cette fille franco-finlandaise a réussi à faire croire aux
personnes du public qui n'étaient pas encore informées que leur groupe était anglais. Parce qu'elle en joue la charmeuse ! La première « song » qu'ils nous offrent précise leur état psychologique
: « we are not crazy... », le tout sur une respiration qui laisse deviner que si l'on entrouvre la vanne, les nerfs explosent ! Ce qui suit nous livre une légèreté ironique. Du charisme plein la
voix, le costume (rayé burtonien), l'attitude scénique. Après ces agréables considérations, je m'aperçois que j'ai devant les yeux les créateurs du désormais fameux On My Shoulders. Tout cela
sonne bien, une pincée d'humour ajoute du sel au spectacle.
Voici venu le moment attendu, avec ce qu'il comporte de mémorable et d'inouï : les islandais de Sigur Ros s'installent.
Jón Þór Birgisson est une étrange créature probablement issue d'une planète d'un vert étincelant sur laquelle il aurait planté la « rose de la victoire » (Sigurros). Cet être là va nous plonger
dans un songe stupéfiant. Que celui qui est témoin de cette atmosphère ensorceleuse m'explique par quel moyen l'association des instruments et des voix peut engendrer un tel bouleversement au
sein d'un public qui, je suppose, a déjà été profondément touché auparavant par la musique. (C'est une vraie question).
Ainsi le responsable de notre effondrement, qui oscille entre euphorie et désespoir, fronce son nez appuyé contre le micro pour faire parvenir à nos tympans un son brillant qui exprime des
sentiments sincères mais, à mon avis, indescriptibles. Au cours du titre Svefn-g-englar Jón Þór Birgisson lance des sons semblables à ceux d'un sonar actif qui répercute son écho dans l'immensité
de la mer. Des ballons blancs s'éclairent sur la scène, il n'est pourtant pas nécessaire de les regarder pour s'imaginer que l'on plane dans un espace empli d'un oxygène palpable : à la fois
froid et vermeil.
Vous l'aurez compris ce groupe a transformé la place d'Arras alors qu'il faisait encore jour... Un autre monde s'est créé pour un instant inoubliable.
Ainsi il fallait donner beaucoup pour se mesurer à Sigur Ros après un tel déversement d'émotions pures... Et Radiohead s'y colla :
Thom Yorke bénéficiait de l'avantage d'être attendu par tous, en tant que tête d'affiche de ce festival. L'entrée de Radiohead vient donc à la suite de longs appels fanatiques et suscite un bel
enthousiasme. Le décor contribue à l'atmosphère électrique : des barres métalliques sur lesquelles des lumières bleues, vertes, ou rouges sont reflétées, un grand écran s'illumine derrière les
musiciens... (les photos sont chez Miléna : link)
Le plaisir ressenti à l'écoute des meilleures chansons du groupe en live, en plein air, qui retentissent si parfaitement à tous endroits jusque dans notre poitrine, est certain. Mais c'est la
propreté de la performance qui pèche.
Il manque je ne sais quel ingrédient vivant qui pourrait frapper l'auditoire. Je regarde le show impeccablement préparé sans être emportée, en pensant que c'est bien trouvé (parce que je ne
connais pas l'intégralité de leur création), qu'ils innovent mais que l'étincelle ne prend pas au sein d'un ensemble qui comprend d'un côté les artistes et de l'autre les spectateurs. Il y a
comme une vitre qui sépare ces deux entités, empêchant le passage de ce qu'il peut y avoir d'humain dans la musique.
Le rappel comporte autant d'énergie et de fougue que le reste du concert, il donne aussi la même impression de produit réussi au terme de nombreuses répétitions.
Sans nier le talent novateur de Radiohead qui a su lui aussi créer un univers à part, je conclu avec une pointe d'amertume que leur « karma » ne transparaît pas plus intensément en live qu'à
l'écoute d'un enregistrement studio.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||