Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 17:18

Vendredi 19 novembre 2010 – Massey Hall de Toronto

 

 

 

"Joy to the World ", le nouvel album de Pink Martini porte bien son nom. C’est un concert grandiose que le groupe de Portland a offert aux Torontois vendredi 19 novembre. La salle du Massey Hall était comble pour l’ouverture de ce spectacle : les dix musiciens ont commencé par jouer le " Boléro " de Maurice Ravel. Tour à tour la contrebasse, le violon, le piano, le trombone et la trompette ont repris le thème classique. Chaque instrument a alors montré la qualité sans égal de ce groupe et les percussionnistes semblaient réellement s’amuser sur scène. Au début de ce concert, le public restait bien assis, attentif, probablement imprégné de chaque note de cette introduction magistrale.

 

Comme l’on pouvait s’y attendre, tout au long du spectacle, le groupe est passé d’un genre musical à un autre avec une facilité jubilatoire. Après Maurice Ravel, c’est la diva China Forbes, habillée de strass, qui est arrivée parmi les musiciens. Le concert a alors pris une tournure festive et latino avec " Tempo perdido ", une chanson composée par Carmen Miranda en 1934. La chanteuse du " little orchestra " a ensuite présenté une chanson coécrite par Thomas Lauderdale et elle-même : " Una notte a Napoli ". Elle a expliqué que ce titre évoque un amour si fort que l’on voudrait en mourir… Chaque chanson a été présentée, et parfois avec beaucoup d’humour : ce fut le cas pour " Clementine ", extraite de leur album de 2004 " Hang on little tomato ", pour laquelle Thomas Lauderdale a raconté une blague à propos d’une tomate qui finit en ketchup… sous l’air réprobateur de China Forbes qui a néanmoins gardé un sourire en coin.

 

Les membres de Pink Martini savent s’amuser et cela ne les empêche pas d’être des plus professionnels pour leur public. Vendredi soir, Thomas Lauderdale a déployé ses talents de pianiste en jouant avec tout son corps, notamment sur le titre joyeux " Yolanda ". Lorsque " Tuca tuca ", une chanson italienne de Raffaella Carrà, a retenti, le fondateur du groupe a aussi exécuté quelques pas de danse avec la belle China, révélant une complicité qui a surement son rôle dans la production musicale intarissable du groupe.

 

 

Au milieu de toute cette transmission de passion, de ce jeu avec un public conquis et de la performance des tubes du groupe (le fameux " Sympathique ", accompagné pour l’occasion de l’air " Always look on the bright side of life " à la trompette), China Forbes a raconté quelques anecdotes. Cette chanteuse américaine a passé dix semaines à Toronto dans les années 1990, et c’est à cette époque qu’elle a acheté sa première guitare électrique, une guitare sur laquelle elle a composé le titre énergique de " Hey Eugene ".

 

 

Vers la fin du concert, Pink Martini a joué  " Uska Dara ", une chanson turque sur laquelle une personne du public a pu venir chanter le refrain avec le groupe. Talentueux et généreux, vivement que ces artistes reviennent nous faire partager un autre moment de bonheur comme celui-là. Quoi qu’il en soit, le public torontois ne les oubliera pas de sitôt. " Auld lang syne " est repris sur l’album " Joy to the world ", et il ne serait pas surprenant d’entendre la version de Pink Martini accompagner la célébration du nouvel an 2011.

 

Par Lauriane - Publié dans : Concerts Live
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 22:09
Voilà que je refais défiler dans ma tête toutes les rencontres et interviews musicales qui m'ont marquées et ont fait l'objet d'une "trace", voire d'une exploitation enrichissante...

Et je m'aperçois que l'une de ces interviews ne figure pas sur mon blog: la première!

En décembre 2004 à Lille, nous avons questionné Paul Thomson, batteur de Franz Ferdinand pour retransmettre ses paroles sur les ondes de Radio Coteaux.

Il n'est jamais trop tard pour combler des omissions, le suspens a assez duré. Tout se trouve du côté de Rock Music & Co, alors il suffit d'un clic:


http://milena.over-blog.com/article-45645.html
Par Lauriane - Publié dans : Groupes/Artistes
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 20:38

Une rencontre passionante en compagnie de Bilal et Preljocaj lors d'un festival BD








Rock'n'roll ? Bien sûr, si vous connaissiez les goûts musicaux du chorégraphe et du dessinateur !

Me voici immergée dans le festival BD d'Aix-en-Provence!

Du 24 mars au 25 avril, les Rencontres du 9ème art (le 8ème étant à mon grand désarroi la télévision), les entretiens avec les auteurs ne durent quant à eux qu'un week-end mais...

Cet après-midi,  j'ai assisté dans un petit amphithéâtre de la Cité du livre à une rencontre avec Enki Bilal, Angelin Preljocaj (chorégraphe) et Goran Vejvoda (musicien). Le tout présenté par le apparement très cool Benoît Mouchart, directeur artistique du festival d'Angoulême.

Ils étaient tous les trois réunis pour parler du ballet Roméo et Juliette dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent (moi je m'y rendue simplement parce que "j'aime bien ses dessins à Bilal") mais qui est un projet assez génial !


Cet opéra a commencé à germer dans l'esprit de Preljocaj.
Il s'est aperçu que 1984 de George Orwell est une histoire de Roméo et Juliette, plongés dans une vie où l'obstacle à leur amour est la société de surveillance et Big Brother qui leur confisque leur liberté d'agir.
Ainsi, il a pensé à réaliser ce ballet imprégné d'une atmosphère qui s'inspirerait des bandes dessinées de Bilal... C'est pourquoi il lui a aussitôt demandé de conceptualiser les décors, les costumes, "Ouaw!"... c'est la réaction que j'ai eue moi aussi.

Je sais que cet opéra a été joué en 2008 à Lyon, mais je ne suis pas certaine qu'ils continuent de tourner.
En tout cas, d'après les extraits filmés que j'ai pu voir, ça a l'air sublime, la musique de Prokofiev est entrecoupée d'arrangements conçus par Goran Vejdova.


Il ne me reste plus qu'à découvrir toute l'œuvre de Bilal... Du bon temps en perspective !

Par Lauriane - Publié dans : Groupes/Artistes
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 20:10

Bob Dylan Thomas, ou une rencontre intergénérationnelle féconde

Samedi 14 février 2009, un jour qui s'insère dans une période de grande contestation sociale... M. Zimmerman a encore son mot à dire sur cette société vacillante.

Mais à Aix-en-Provence, on fait bien de le convoquer nous-même à Book in Bar, une librairie-café-anglaise très chaleureuse qui sait réunir les anglophones du coin tout autant que les amateurs de Bob Dylan.

L'événement qui a été imaginé est le suivant : établir une comparaison entre Dylan Thomas, un poète du Pays de Galles qui s'est notamment fait connaître en 1952 grâce à une pièce de théâtre intitulée Under Milk Wood, et celui que l'on ne présente plus depuis les années 1960.


Le surnom de Robert Allen Zimmerman serait-il donc né de la rencontre du parolier avec le poète ?

Citons à ce propos Bob Dylan qui l'a nié dans un premier temps pour ensuite concéder aux journalistes qu'ils avaient vu juste :


" Get that straight, I didn't change my name in honor of Dylan Thomas. That's just a story. I've done more for Dylan Thomas than he's ever done for me " (" Réglons ça, je n'ai pas changé mon nom en l'honneur de Dylan Thomas. C'est juste une histoire. J'ai fait plus pour Dylan Thomas, qu'il n'en a jamais fait pour moi "), dit-il dans une interview de 1966.

" J'ai lu quelques trucs de Dylan Thomas et ils sont différents des miens ". Soit.

Mais en 2004, il publie le premier volume de son autobiographie Chronicles et révèle que Dylan Thomas a influencé le choix de son pseudonyme, changeant son nom de plume de Dillon (le nom d'un de ses oncles) à Dylan.


Mais trêve de considérations identitaires, laissons place à l'émotion.

Je parle de celle que le public de cet après-midi venteuse a pu ressentir à la lecture de quelques poèmes par un homme " du coin ", passionné, et de quelques chansons interprétées avec sincérité par une jeune fille qui travaille à Book in Bar.






Mon anglais imparfait ne m'a pas permis de suivre toute la présentation des deux artistes et je ne saurai donc en retranscrire exactement le contenu. Mais j'ai pu saisir au vol le fait que Dylan Thomas s'était lui-même surnommé le Rimbaud de quelque chose (toutes mes excuses), qu'il aimait la bière et écrivait à son sujet - et la jeune fille d'ajouter " Bob Dylan also liked beer ! " - et qu'il avait connu beaucoup de filles, tout comme Bob Dylan.

Enfin dans tous les cas il me semble que la poésie n'est pas faite pour être lue à voix haute, cela vous emprunte une part de l'interprétation intime que vous auriez pu en faire.


Les chansons qui ont été offertes à cet occasion, révélatrices d'une sensibilité généreuse et lucide, comportent des paroles qui méritent d'être diffusées sans limite, ce à quoi je contribue :


Mr. Tambourine Man (1965, Bringing it all back home)

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
I'm not sleepy and there is no place I'm going to.
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you.

Though I know that evenin's empire has returned into sand,
Vanished from my hand,
Left me blindly here to stand but still not sleeping.
My weariness amazes me, I'm branded on my feet,
I have no one to meet
And the ancient empty street's too dead for dreaming.

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
I'm not sleepy and there is no place I'm going to.
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you.

Take me on a trip upon your magic swirlin' ship,
My senses have been stripped, my hands can't feel to grip,
My toes too numb to step, wait only for my boot heels
To be wanderin'.
I'm ready to go anywhere, I'm ready for to fade
Into my own parade, cast your dancing spell my way,
I promise to go under it.

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
I'm not sleepy and there is no place I'm going to.
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you.

Though you might hear laughin', spinnin', swingin' madly across the sun,
It's not aimed at anyone, it's just escapin' on the run
And but for the sky there are no fences facin'.
And if you hear vague traces of skippin' reels of rhyme
To your tambourine in time, it's just a ragged clown behind,
I wouldn't pay it any mind, it's just a shadow you're
Seein' that he's chasing.

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
I'm not sleepy and there is no place I'm going to.
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you.

Then take me disappearin' through the smoke rings of my mind,
Down the foggy ruins of time, far past the frozen leaves,
The haunted, frightened trees, out to the windy beach,
Far from the twisted reach of crazy sorrow.
Yes, to dance beneath the diamond sky with one hand waving free,
Silhouetted by the sea, circled by the circus sands,
With all memory and fate driven deep beneath the waves,
Let me forget about today until tomorrow.

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
I'm not sleepy and there is no place I'm going to.
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you.




The Times They Are A-changin' (1964, The Times They Are A-changin')

Come gather 'round people
Wherever you roam
And admit that the waters
Around you have grown
And accept it that soon
You'll be drenched to the bone.
If your time to you
Is worth savin'
Then you better start swimmin'
Or you'll sink like a stone
For the times they are a-changin'.

Come writers and critics
Who prophesize with your pen
And keep your eyes wide
The chance won't come again
And don't speak too soon
For the wheel's still in spin
And there's no tellin' who
That it's namin'.
For the loser now
Will be later to win
For the times they are a-changin'.

Come senators, congressmen
Please heed the call
Don't stand in the doorway
Don't block up the hall
For he that gets hurt
Will be he who has stalled
There's a battle outside
And it is ragin'.
It'll soon shake your windows
And rattle your walls
For the times they are a-changin'.

Come mothers and fathers
Throughout the land
And don't criticize
What you can't understand
Your sons and your daughters
Are beyond your command
Your old road is
Rapidly agin'.
Please get out of the new one
If you can't lend your hand
For the times they are a-changin'.

The line it is drawn
The curse it is cast
The slow one now
Will later be fast
As the present now
Will later be past
The order is
Rapidly fadin'.
And the first one now
Will later be last
For the times they are a-changin'



Nous avons également eu droit à Lay, Lady, Lay et à une chanson du respectable Woody Guthrie :



This land is your land (1940)

 

This land is your land, this land is my land
From the redwood forest to the New York island.
From the snow-capped mountains to the Gulf Stream waters
This land is made for you and me.

As I go walkin' my ribbon of highway
I see all around me my blue blue skyway
Everywhere around me the wind keeps a-whistlin'
This land is made for you and me.

I'm a-chasin' my shadow out across this roadmap
To my wheat fields waving, to my cornfield dancing
As I go walkin' this wind keeps talkin'
This land is made for you and me.

I can see your mailbox, I can see your doorstep
I can feel my wind rock your tip-top treetop
All around your house there my sunbeam whispers
This land is made for you and me

 

Et cette heure réconfortante a été close par un moment très émouvant, l'interprétation de Forever Young, par la voix claire de la jeune fille (j'aurai son nom un jour !) qui a exploré les aiguës le temps d'un refrain seulement, pour baisser d'une octave ensuite afin d'encourager les gens à chanter avec elle, ce à quoi ils ont fini par se laisser aller dans un joli fredonnement à vous donner des frissons. Et l'initiateur de la présentation des deux artistes de nous souhaiter pour conclure : " May you stay forever young ", phrase reçue par des personnes souriantes et touchées.




Forever young ( chanson de Rod Stewart, 1988)

 

May God bless and keep you always,
May your wishes all come true,
May you always do for others
And let others do for you.
May you build a ladder to the stars
And climb on every rung,
May you stay forever young,
Forever young, forever young,
May you stay forever young.

May you grow up to be righteous,
May you grow up to be true,
May you always know the truth
And see the lights surrounding you.
May you always be courageous,
Stand upright and be strong,
May you stay forever young,
Forever young, forever young,
May you stay forever young.

May your hands always be busy,
May your feet always be swift,
May you have a strong foundation


When the winds of changes shift.
May your heart always be joyful,
May your song always be sung,
May you stay forever young,
Forever young, forever young,
May you stay forever young.

Par Lauriane - Publié dans : Concerts Live
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 09:06
Starring :

Vampire Weekend
The Wombats
The Do
Sigur Ros
Radiohead


Aux alentours de 16 heures, un après-midi ensoleillé dans le Pas-de-Calais...

Le premier groupe amorce ces festivités bien agencées :
Vampire Weekend est composé de quatre membres (comme beaucoup d'humains... tiens, encore un élément non-original que l'on peut leur attribuer). Le chanteur a un air mutin quelque peu vampiresque il est vrai. Leur musique s'assimile à ce que peut faire Razorlight, la voix de Ezra Koenig est assez haut perchée et la cadence parfois agaçante. Du déjà entendu et ré-entendu, ces messieurs ne parviennent pas à dégager quoi que ce soit de personnel. J'admets cependant qu'à la première (et dernière) écoute Mansard roof est sympathique.




The Wombats ont quant à eux un petit quelque chose qui les distingue. Heureusement pour eux qui se nomment comme une espèce en voie de disparition (un petit mammifère entre l'ours et le koala, qui fait partie des marsupiaux, on le trouve en Australie et en Tasmanie, plutôt mignon).





Vous avez peut-être pu fredonner Moving to New York ou Lets Dance to Joy Division. Sans être exceptionnel ce groupe se laisse néanmoins écouter, il suffit d'être de bonne humeur.
Les trois jeunes de Liverpool ont commencé par un air a capella tels des musiciens complices qui savent faire résonner un accord parfait et amusant par son rythme, à la manière de Pow Wow (grown up together...) « oh wimoweh, oh wimoweh »...
Reprenons à présent le thème du lion : le batteur donnait l'impression « d'en vouloir » et, au début d'une chanson, sa façon de faire retentir la grosse caisse m'a rappelé une scène trépidante du Roi Lion dans laquelle simba court à en perdre haleine parmi les hyènes perfides, avec une expression terrifiée, remuant la poussière et... bref, pas mal le coup du battement qui entraîne. C'est ce même batteur (Dan Haggis) qui semblait à plusieurs reprises s'engager dans une course d'athlétisme : « fonce ! », lui dis-je.
Lassée rapidement de ce qui suivit (cela ne tient peut-être qu'à moi), quelle ne fut pas ma satisfaction à l'occasion de l'entrée de The Do !


















Do comme la note, mais aussi comme l'assemblage de la première lettre du prénom de chaque membre : Dan Levy et Olivia Bouyssou. Cette fille franco-finlandaise a réussi à faire croire aux personnes du public qui n'étaient pas encore informées que leur groupe était anglais. Parce qu'elle en joue la charmeuse ! La première « song » qu'ils nous offrent précise leur état psychologique : « we are not crazy... », le tout sur une respiration qui laisse deviner que si l'on entrouvre la vanne, les nerfs explosent ! Ce qui suit nous livre une légèreté ironique. Du charisme plein la voix, le costume (rayé burtonien), l'attitude scénique. Après ces agréables considérations, je m'aperçois que j'ai devant les yeux les créateurs du désormais fameux On My Shoulders. Tout cela sonne bien, une pincée d'humour ajoute du sel au spectacle.

Voici venu le moment attendu, avec ce qu'il comporte de mémorable et d'inouï : les islandais de Sigur Ros s'installent.




Jón Þór Birgisson est une étrange créature probablement issue d'une planète d'un vert étincelant sur laquelle il aurait planté la « rose de la victoire » (Sigurros). Cet être là va nous plonger dans un songe stupéfiant. Que celui qui est témoin de cette atmosphère ensorceleuse m'explique par quel moyen l'association des instruments et des voix peut engendrer un tel bouleversement au sein d'un public qui, je suppose, a déjà été profondément touché auparavant par la musique. (C'est une vraie question).
Ainsi le responsable de notre effondrement, qui oscille entre euphorie et désespoir, fronce son nez appuyé contre le micro pour faire parvenir à nos tympans un son brillant qui exprime des sentiments sincères mais, à mon avis, indescriptibles. Au cours du titre Svefn-g-englar Jón Þór Birgisson lance des sons semblables à ceux d'un sonar actif qui répercute son écho dans l'immensité de la mer. Des ballons blancs s'éclairent sur la scène, il n'est pourtant pas nécessaire de les regarder pour s'imaginer que l'on plane dans un espace empli d'un oxygène palpable : à la fois froid et vermeil.








Vous l'aurez compris ce groupe a transformé la place d'Arras alors qu'il faisait encore jour... Un autre monde s'est créé pour un instant inoubliable.











Ainsi il fallait donner beaucoup pour se mesurer à Sigur Ros après un tel déversement d'émotions pures... Et Radiohead s'y colla :

Thom Yorke bénéficiait de l'avantage d'être attendu par tous, en tant que tête d'affiche de ce festival. L'entrée de Radiohead vient donc à la suite de longs appels fanatiques et suscite un bel enthousiasme. Le décor contribue à l'atmosphère électrique : des barres métalliques sur lesquelles des lumières bleues, vertes, ou rouges sont reflétées, un grand écran s'illumine derrière les musiciens... (les photos sont chez Miléna : link)


Le plaisir ressenti à l'écoute des meilleures chansons du groupe en live, en plein air, qui retentissent si parfaitement à tous endroits jusque dans notre poitrine, est certain. Mais c'est la propreté de la performance qui pèche.

Il manque je ne sais quel ingrédient vivant qui pourrait frapper l'auditoire. Je regarde le show impeccablement préparé sans être emportée, en pensant que c'est bien trouvé (parce que je ne connais pas l'intégralité de leur création), qu'ils innovent mais que l'étincelle ne prend pas au sein d'un ensemble qui comprend d'un côté les artistes et de l'autre les spectateurs. Il y a comme une vitre qui sépare ces deux entités, empêchant le passage de ce qu'il peut y avoir d'humain dans la musique.


Le rappel comporte autant d'énergie et de fougue que le reste du concert, il donne aussi la même impression de produit réussi au terme de nombreuses répétitions.

Sans nier le talent novateur de Radiohead qui a su lui aussi créer un univers à part, je conclu avec une pointe d'amertume que leur « karma » ne transparaît pas plus intensément en live qu'à l'écoute d'un enregistrement studio.

Par Lauriane - Publié dans : Concerts Live
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